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Lettre 27

 

Bonjour Mr le secrétaire d'état en charge de la petite enfance, Mr Adrien Taquet,

Je suis assistante maternelle agréée depuis 12 ans et j'ai l'habitude que notre profession soit malmenée, ballottée d'un côté et de l'autre, non reconnue, considérée comme un métier mineur...Malgré cela j'aime mon travail et j'essaie de trouver ma place de professionnelle. 

Mais depuis cette crise sanitaire nous atteignons des sommets! Cela fait une semaine que vos décisions gouvernementales contradictoires d'un jour à l'autre ( une fois de plus) ont mis à mal notre profession. Dans un sens plus large, elles ont mis à mal les relations entre collègues ( diviser pour mieux régner...), les relations entre parents-employeurs et assistante maternelle, et elles ont mis l'accent sur l'absence totale de reconnaissance de votre part concernant notre métier, soit-disant essentiel et indispensable, 1er mode d'accueil d'enfants de moins de 3 ans en France...Cela fait plus d'un an, plus de 365 jours, que la situationn'a guère évoluée quant à notre traitement: nous devons travailler quoiqu'il en coûte, avec tous les parents même non prioritaires...Comment pouvez-vous, je cite, "recommander aux parents, dans un esprit de responsabilité collective, de ne pas recourir à ce système de garde, sauf en cas d’absolue nécessité afin de tout faire pour freiner le virus »et en même temps obliger les assistantes maternelles de ne "refuser aucun accueil" même si le parent ne travaille pas...
 

 

Comment croyez-vous que cela se passe au quotidien, sur le terrain? Nous ne sommes pas dans un monde de Bisounours où tout le monde va prendre "ses responsabilités" dans un esprit collectif!
Enormément de parents-employeurs, au chômage partiel, veulent " du temps pour eux" ou pouvoir "jardiner tranquille"....En face, pour la plupart, des assistantes maternelles, toujours sur le front, sans s'occuper des dommages collatéraux, des assistantes maternelles perdues dans toutes ces décisions contradictoires voire incohérentes, des assistantes maternelles qui ont peur pour elles et leurs proches, parfois fragiles, ou aussi des assistantes maternelles qui ont peur d'être confrontées à une menace de licenciement ( car oui cela arrive). Et quels recours avons-nous? A qui nous adresser? C'est le flou total....

Alors pour comprendre le pourquoi de ces décisions incroyablement non adaptées au terrain, pouvez-vous m'expliquer dans le détail ce que signifie :"prendre ses responsabilités" et "cas d'extrême nécessité" afin de transmettre à nos employeurs, qui sont autant perdus que nous....
Et surtout, à quoi rime un confinement de ce type, si nous sommes obligées d'accueillir tous les enfants même non prioritaires, du moment que le parent l'exige...? Car il me semblait qu'un confinement servait à "limiter les contacts afin d'endiguer la propagation du virus"...

Et enfin comment est-ce possible qu'en une année notre situation ne soit pas encore décidée clairement dans l'éventualité d'un énième confinement? Personne dans votre cabinet n'avait anticipé ce schéma? Et bien non car tout le monde s'en fout....Nous sommes des "nounous" qui travaillent tranquillement chez elles à 3€ de l'heure par enfant, avec si peu de reconnaissance, même si nous accueillons consciencieusement les générations à venir...

Les assistantes maternelles sont isolées dans leur travail, géographiquement et administrativement, et c'est une des raisons pour lesquelles vos décisions passent comme "une lettre à la Poste", sans aucune grève, manifestation, sans lever de boucliers....et vous le savez parfaitement.
Pour le gouvernement nous sommes plus des domestiques que des professionnelles. Vos décisions témoignent juste de votre propension à vous décharger sur les autres de vos responsabilités. Nous réclamons simplement un traitement juste et égalitaire avec les professionnels de la petite enfance.
En attendant votre réponse,

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