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Lettre 22

 

 

 


 

 

Monsieur le secretaire d'Etat,

Je vous écrit car ce matin je me suis réveillée, fatiguée. La gorge me grattait, mon nez coulait et j'avais très mal à la tête.

Ce matin, alors qu'en temps normal, j'aurais pensé à un simple rhume, ce matin, j'ai eu peur.

Et si j'avais le COVID? Si un des enfant m'avait contaminé? Si j'avais ou il avait contaminé les autres enfants? Si j'avais contaminé mon mari obèse ou ma fille de 11 ans?

Monsieur Taquet? Alors c'est à cela que vous nous condamnez? A une vie de peur? A l'angoisse d'être une "tueuse" potentielle? A perdre mon mari?

Monsieur Taquet, que vous nous demandiez de continuer à travailler, c'est discutable mérite débat mais soit. On peut éventuellement imaginer que 4 enfants dans un lieu ont moins de chance d'être contaminer que 20 dans une même structure.

Mais pourquoi nous condamner au mieux à la peur, au pire à la maladie voire à la mort? Pourquoi continuer à ne pas vouloir nous rendre prioritaire sur les vaccins? Parce que c'est nous qui sommes exposees aux risques, mais également les enfants.

J'accueille en ce moment 6 enfants mais jamais plus de 4 en même temps. Si je suis touchée, voilà à quoi vous nous exposez:
- Ma famille: 3 personnes
- Petite L: 3 personnes
- Petit L: 5 personnes
- Petite N: 3 personnes
- Petite N: 3 personnes
- Petit E: 4 personnes
- Petite C: 3 personnes

24 personnes. Ajoutez à cela les grands parents qui gardent parfois les enfants, les collègues, les familles recomposées dont les frères et sœurs retournent chez papa ou chez maman une semaine sur deux, les familles qui ne respectent pas toujours le confinement.

On arrive rapidement à 100 personnes.

Votre décision de nous faire accueillir malgré tout est actée. SOit. Mais au moins, par respect pour nos vies et celles de nos proches, pour les enfants que nous accueillons, pour les familles qui les retrouvent le soir, donnez nous cette priorité au vaccin. Mes parents qui ne voient personne et son enfermés chez eux sont vaccinés. A eux deux ils ne croisent en une semaine moins de personne que je n'en croise en une journée. Où est la logique???

Par cette lettre, je vous demande urgemment de nous rendre prioritaire sur les vaccins afin de nous laisser travailler dans le calme et la sérénité.

Cordialement,

Magali Clabaut

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